Les causes des retards et difficultés de cicatrisation sont bien connues : troubles vasculaires, carences protéino-caloriques ou en oligo-éléments tels que le zinc, insuffisance rénale ou hépatique, neuropathies, hypovolémie, hypoxie quelle que soit la cause, diabète, tabagisme, déficits immunitaires, hémopathies, troubles de la coagulation, certaines maladies génétiques et certains traitements tels que les corticoïdes par voie systémique.
Ces pathologies, systémiques le plus souvent, inhiberaient le processus de cicatrisation avec une stagnation de la plaie à une phase de cicatrisation.
| Obésité | Diminution de la vascularisation du tissu adipeux et augmentation de la tension dans la plaie |
| Tabagisme | Diminution de l'oxygénisation de la plaie et anomalies de la coagulation |
| Age avancé | Affaiblissement des défenses immunitaires et diminution de la résistance aux germes pathogènes |
| Diabète | Dysfonctionnement leucocytaire, à cause de l'hyperglycémie. Risque d'ischémie régionale en raison d'une oblitération vasculaire ou de l'épaississement de la membrane basale des capillaires |
| Mauvaise circulation/hypoperfusion | Mauvaise alimentation de la plaie en nutriments et en oxygène |
| Médicaments immunosuppresseurs | Diminution de la synthèse de collagène |
| Malnutrition | Perturbations de la phase inflammatoire et de la synthèse de collagène |
| Irradiation de la lésion | Diminution de l'irrigation sanguine par suite du rétrécissement de la lumière vasculaire |
| Stress important | L'augmentation du cortisol diminue le nombre de lymphocytes circulants et inhibe la réaction inflammatoire |
| Corticoïdes | Ralentissement de l'épithélialisation et de la néovascularisation, et inhibition de la contraction |
| Maladies vasculaires | Maladies hématologiques | Maladies inflammatoires chroniques |
|---|---|---|
Insuffisance veineuse chronique Lymphoedème primaire/secondaire | Polyglobulie essentielle (maladie de Vasquez) Drépanocytose Troubles de la coagulation | Vascularite (toutes formes) Dermatoses perforantes Granulome annulaire Nécrose lipoïdique des diabétiques |
| Maladies métaboliques | Tumeurs | Autres causes |
|---|---|---|
Goutte | Tumeurs cutanées primaires Métastases ulcérantes | Pyoderma gangrenosum Radiothérapie Pernioses Brûlures |
| Infections |
|---|
Infections bactériennes et fongiques, infestations parasitaires associées aux plaies |
Ces plaies à cicatrisation retardée sont donc très bien décrites sur le plan clinique. Néanmoins, de nouvelles données sur la physiopathologie permettent d’aller plus loin dans la compréhension du processus de non cicatrisation, pour la mise en oeuvre d’un traitement optimal.
En effet, dans les plaies chroniques, le courant actuel laisse à penser qu’une activité excessive des Métalloprotéases matricielles ou MMP – ou un déficit de leurs inhibiteurs, les TIMP (Inhibiteurs Tissulaires des Métallo-protéases) – serait la cause d’une prolongation de la phase inflammatoire et de la phase de détersion, plutôt qu’un déficit en facteur de croissance.
Dereure O. et al. De la clinique à la biologie : plaies difficiles : définition et circonstances.
In Symposium Retard de cicatrisation, de l'expérience à l'innovation. CPC 2008; Paris, le 28 janvier.
Meaume S. et al. Plaies et cicatrisations. ed. Masson, 2005.