Si l’approche clinique est indispensable pour faire face aux plaies chroniques et corriger les facteurs inhibiteurs de la cicatrisation, des données récentes de physiopathologie donnent de nouvelles perspectives pour leur prise en charge. En effet, il a été récemment mis en évidence que le retard de cicatrisation des plaies chroniques était dû non pas à un déficit en facteurs de croissance mais à une activité excessive des métalloprotéases ou ce qui revient au même, à un déficit de leurs inhibiteurs, les TIMP
Dans ce contexte, Tengrove NJ. et coll ont comparé les exsudats issus de différentes plaies à cicatrisation retardée avec ceux de plaies aiguës.
Les résultats de cette étude montrent que, dans les exsudats de plaies stagnantes, l’activité des métalloprotéases matricielles (MMP) est 30 fois plus importante que celle observée dans les exsudats de plaies aiguës.
En outre, les résultats montrent que l’activité des MMP diminue pour se rapprocher des niveaux des plaies aiguës dès lors que les plaies commencent à cicatriser.
En conséquence, si les protéases sont nécessaires et indispensables à la cicatrisation, lorsque leur activité devient excessive, la cicatrisation peut être inhibée.

Activité comparée des Métalloprotéases Matricielles :
Plaies à cicatrisation retardée vs plaies aiguës
Cette suractivité qui concerne essentiellement les MMP-1, les MMP-2 et les MMP-9 (collagénase et gélatinase) induit une prolongation de la phase d’inflammation et de la phase de détersion et nuit à la stabilisation du tissu conjonctif nécessaire à une « bascule » sur la phase de prolifération. La matrice extracellulaire nouvellement formée est rapidement dégradée et le tissu de granulation ne se développe pas.
En d’autres termes, un excès de l’activité des Métalloprotéases Matricielles bascule l’équilibre entre formation et dégradation tissulaire vers la dégradation tissulaire.
Pour retrouver cet équilibre nécessaire à la relance du processus de cicatrisation, il s’agira d’inhiber l’activité excessive des MMP dans la plaie.
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